20/01/2017

RIE III - Projections ou Convictions

Depuis quelques années maintenant, je me suis peu à  peu retirer de l'activité politique pour l'observer de loin. Pas trop loin, mais suffisamment pour sortir des milieux qui conditionnent et rendent les prises de décision très claires, limpides, sans équivoques, mais ne résultant pas d’une profonde réflexion sur le sujet, possible uniquement par les esprits libres d’emprises dogmatiques et partiales insidieusement programmées dans ces derniers par les instances influentes des partis politiques.

Le 12 février, le peuple tranchera la question de la « réforme de l’imposition des entreprises », 3ème du nom.

A des fins de campagnes, les partis politiques ont bombardé les réseaux sociaux, les quotidiens, les plateaux de télévision avec des chiffres astronomiques, tels que 24'000 entreprises dont la délocalisation ne fait aucun doute pour les défenseurs de la réforme entrainant ainsi la perte de 150'000 emplois ou même 1,4 milliards de pertes fiscales plus que certaines pour les caisses cantonales comptabilisés par les opposants, ce qui obligera les cantons à augmenter les impôts des personnes physiques et couper dans les prestations à la population.

Sciemment, les partis prennent quelque peu les gens pour des illettrés. Tout d’abord, dire que la réforme est opaque est un mensonge. La réforme est claire, les calculs sont clairs, les taux le sont encore plus. Les entrées fiscales ne sont que projections.
Ensuite, dire que, sans cette réforme, la Suisse se retrouverait en mauvaise position pour accueillir des multinationales est tout aussi mensonger. Jusqu’au 11 février, la Suisse vivra avec un système fiscal qui n’est pas le plus avantageux au monde et pourtant de nouvelles entreprises s’installent et se créent chaque année sur le territoire helvétique.

Cette votation porte sur tout autre chose : les priorités du peuple suisse. Il s’agit de savoir si, dans notre pays, nous avons la conviction que toute entreprise qui bénéficierait d’une baisse de sa fiscalité serait créatrice d’emploi, donc d’un bien-être de la population grâce à la valeur du travail ou si la priorité doit être mise sur les prestations à la population afin de faire vivre dignement le plus faible d’entre nous, quitte à dire ouvertement aux entrepreneurs que leur travail et leurs sacrifices sont les efforts que tout un chacun doit déployer pour apporter sa pierre à l’édifice de l’égalité sociale.

Le 12 février, vous donnerez une direction au pays, probablement pour la prochaine décennie. Alors oubliez chiffres, les projections, les peurs et les angoisses que la campagne met en avant et concentrez-vous sur ce que vous avez dans les tripes, ce que vous ressentez, sur l’image idéale que vous vous faites de notre société de mortels.

Finalement, toute autre question est inutile et votre choix n’en sera que plus sincère.

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