05/02/2009

Aux larmes citoyens...

Bonjour.

Mon billet de ce jour vient du plus profond de mon coeur. Il sera emprunt de mes sentiments personnels. Peut-être même qu'il ne sera pas objectif sur certains points et je vous demande d'avance de m'accorder votre pardon.

Rappel des faits

Jean-Claude, 34 ans, séparé, père d'une fillette de 10ans vient rendre visite à son frère qui habite à l'avenue De-Luserna. Après une dispute avec une bande de jeunes bien connus des commerçants, il reçoit 5 coups de couteau. Le 117 est appelé immédiatement. Jean-Claude se vide de son sang et toujours pas de trace de la police ou d'une ambulance...
Deuxième appel au 117.
25 minutes plus tard, une patrouille arrive. Jean-Claude meurt, touché à l'artère fémoral.
Le soir même, un jeune homme de 19 ans vient se présenter à la police avec son père. Il avoue avoir "fait une bêtise".
Deux autres personnes sont interpellées par la police.

Un homme est mort... Vous me direz "Ok, quelque chose de nouveau ?"
Oui justement ! La nouveauté c'est que nous l'avons assassiné. Nous tous. Notre égoïsme, notre insensibilité, notre peur d'agir l'ont tué...

A 34 ans, père d'une fillette de 10 ans, il est parti, baignant dans son sang, sauvagement assassiné par un jeune homme qui a, lui-même, détruit sa propre vie ce jour-là, à cause des égoïstes que nous sommes, et j'accuse !

J'accuse les autorités de n'avoir pas pris au sérieux les plaintes des commerçants du centre Luserna.

J'accuse le responsable du département de ne rien faire pour étoffer les effectifs policiers qui, malgré la proximité du poste de la Servette (700 mètres en utilisant les routes) sont arrivés bien trop tard pour porter secours à la victime.

J'accuse les politiciens pantins d'un populisme malodorant de penser à leur ré-élection plus qu'au bien-être de ceux qui leur ont donné leurs voix.

J'accuse ceux qui se veulent défenseurs de la veuve et l'orphelin à grands coups de filmés très médiatiques mais profondément inutiles pour faire avancer les dossiers en attente au parlement cantonal.

J'accuse ceux qui prônent une politique angéliste qui définit tout un chacun comme "il est beau il est gentil" !

Je NOUS accuse de ne pas choisir les bonnes personnes pour diriger notre république dans l'intérêt du souverain.

Tout compte fait, j'accuse beaucoup de monde. J'aurai pleins de nouveaux amis demain, mais peu importe, je campe sur mes positions.
Oui, comme disait le père de la victime "on voulait sa mort" ! Il ne savait pas qu'il était profondément dans le juste...
Le "on", c'est nous... Vous, moi, tous ceux qui n'agissent pas et qui laissent couler notre Genève en espérant sauver leurs meubles...

Je suis né à Genève, je l'aime mais, à l'instar d'un amoureux vieillissant regardant l'élue de son jeune coeur, je ne la reconnais plus...

Pardonne-nous Jean-Claude, nous t'avons abandonné...

Mirko Righele